Table en bois clair avec un jeu de Tarot de Marseille posé face cachée, des mains prêtes à tirer une carte, et un espace vide pour le texte, dans une lumière naturelle.
Publié le 15 mai 2024

Contrairement à l’idée reçue, lire le Tarot de Marseille ne requiert pas de mémoriser 78 définitions. La clé est de délaisser le « par cœur » pour apprendre sa « grammaire visuelle ». En observant la structure des cartes — leurs couleurs, la direction des regards, leur numérologie — vous décodez leur langage et laissez l’interprétation émerger naturellement du dialogue entre les images, transformant chaque tirage en une narration intuitive et personnelle.

L’image d’Épinal du Tarot de Marseille est souvent intimidante. On s’imagine des heures de mémorisation, des livrets de définitions à ingurgiter jusqu’à l’indigestion, avec la peur constante de se tromper ou de passer à côté du « vrai » message. Beaucoup de débutants, découragés par cette montagne d’informations, se tournent vers des oracles jugés plus accessibles ou abandonnent tout simplement, persuadés de ne pas avoir le don de l’intuition. Cette approche, basée sur la récitation de mots-clés, est non seulement fastidieuse, mais elle tue l’essence même du Tarot : le dialogue.

Le secret d’une lecture fluide ne réside pas dans la quantité de connaissances accumulées, mais dans la qualité du regard que l’on porte sur les cartes. Et si la véritable méthode n’était pas d’apprendre des significations, mais de comprendre une grammaire ? Le Tarot de Marseille n’est pas un dictionnaire d’images, c’est un langage visuel cohérent, doté de sa propre syntaxe, de ses propres règles narratives. Une fois que l’on maîtrise cette structure, l’intuition n’est plus un effort de divination, mais une conséquence logique de la compréhension.

Cet article vous propose un changement de paradigme. Nous n’allons pas mémoriser, nous allons observer. Nous allons apprendre à voir comment les couleurs communiquent, comment les regards tissent des liens entre les arcanes et comment la numérologie construit un parcours initiatique. L’objectif est de vous donner les clés pour que vous puissiez, enfin, avoir une conversation fluide et personnelle avec votre Tarot.

Pour ceux qui préfèrent un format plus direct, la vidéo suivante explore ce qui définit une approche sérieuse et structurée de la tarologie, complétant parfaitement les principes que nous allons aborder.

Pour naviguer à travers cette nouvelle approche de la lecture du Tarot, voici le parcours que nous vous proposons. Chaque étape est conçue pour construire progressivement votre compréhension de la grammaire visuelle du jeu.

Pourquoi apprendre le Tarot par cœur est une fausse bonne idée ?

L’approche la plus répandue pour apprendre le Tarot consiste à associer chaque carte à une liste de mots-clés. Le Bateleur pour le commencement, La Papesse pour l’intuition, L’Amoureux pour le choix… Si cette méthode semble rassurante au premier abord, elle se heurte rapidement à un mur cognitif. Tenter de retenir 78 fiches de définitions, sans compter les nuances des cartes inversées, surcharge notre esprit. Des travaux récents sur la psychologie cognitive rappellent que notre capacité de mémoire de travail se situe autour de 4 éléments seulement. Essayer de jongler avec des dizaines de significations possibles pour chaque carte d’un tirage est une recette pour la paralysie analytique.

Le résultat est souvent une lecture hachée, mécanique, où le lecteur passe plus de temps à chercher la « bonne » définition dans sa mémoire qu’à observer ce qui se passe réellement entre les cartes. Cette course à la mémorisation crée une dépendance au savoir externe (le livre, le site web, le gourou) et étouffe la confiance en son propre jugement. On ne lit plus le Tarot, on le récite. L’intuition, qui devrait être au cœur du processus, est alors reléguée au rang de simple conjecture, une petite voix que l’on n’ose pas écouter de peur qu’elle contredise la définition officielle.

Pire encore, cette méthode isole chaque carte et ignore l’essentiel : le Tarot est un système relationnel. Une carte n’a de sens qu’en relation avec les autres. Le véritable message ne se trouve pas dans la définition d’un arcane, mais dans l’histoire que les arcanes se racontent mutuellement. En se focalisant sur le « par cœur », on apprend les mots d’une langue sans jamais en comprendre la grammaire, ce qui nous condamne à ne jamais pouvoir former une phrase cohérente.

Pour dépasser ce blocage initial, il est essentiel de comprendre en détail pourquoi cette approche mémorielle est contre-productive.

La grammaire visuelle : lire les cartes plutôt que les mémoriser

Abandonner la mémorisation ne signifie pas se jeter dans une intuition floue et sans repères. Au contraire, il s’agit de remplacer l’apprentissage par cœur par un apprentissage par le regard. La méthode de la grammaire visuelle consiste à aborder le Tarot de Marseille comme un langage pictural cohérent. Chaque élément de l’image — une couleur, un nombre, la direction d’un regard, la posture d’un personnage — est un mot de vocabulaire. Votre mission n’est pas de mémoriser une traduction, mais de comprendre comment ces « mots » s’assemblent pour former une phrase.

Cette approche repose sur un principe simple : les créateurs du Tarot de Marseille, à une époque où l’imprimerie était contrainte, n’ont rien laissé au hasard. Chaque détail a une fonction. Le sol sous les pieds des personnages, la couleur de leurs vêtements, le fait qu’ils regardent à droite (vers le futur) ou à gauche (vers le passé) sont des indices structurels. En apprenant à décoder ces indices, vous construisez votre propre dictionnaire interne, un dictionnaire non pas de mots, mais de sensations et de concepts logiques.

L’avantage est double. D’une part, vous vous libérez de la dépendance aux sources externes. Votre savoir vient de votre propre observation, ce qui renforce considérablement votre confiance et votre légitimité. D’autre part, vous rendez la lecture dynamique. Au lieu de vous demander « Que signifie L’Impératrice ? », vous vous demandez « Que fait L’Impératrice dans ce tirage ? Que regarde-t-elle ? De quelle couleur est-elle vêtue et qu’est-ce que cela évoque pour moi ? ». La question n’est plus statique, elle devient active. Le Tarot se transforme d’un oracle qui dicte des réponses en un partenaire de dialogue qui pose des questions.

Plan d’action : votre premier audit visuel d’une carte

  1. Points de contact : Listez tous les éléments qui touchent le sol, le ciel ou d’autres personnages. Que symbolise ce contact (stabilité, connexion, aspiration) ?
  2. Collecte des symboles : Inventoriez les objets que tient le personnage (sceptre, épée, denier, coupe). Quelle est leur fonction première (agir, penser, recevoir, posséder) ?
  3. Cohérence des couleurs : Confrontez les couleurs dominantes aux valeurs traditionnelles (rouge pour l’action, bleu pour la réceptivité, jaune pour l’intellect, chair pour l’humain). Y a-t-il une harmonie ou un conflit ?
  4. Mémorabilité du regard : Repérez la direction du regard du personnage. Regarde-t-il vers le passé (gauche), le futur (droite), le divin (haut) ou le matériel (bas) ? Est-il actif ou passif ?
  5. Plan d’intégration narrative : Comment ces observations (contact, objet, couleur, regard) se combinent-elles pour esquisser le début d’une histoire ou d’un état psychologique ?

Adopter cette méthode, c’est s’approprier les fondements de la grammaire visuelle pour une lecture autonome.

Le langage des couleurs et des nombres : la base de votre dictionnaire interne

Les deux premiers piliers de la grammaire visuelle sont les couleurs et les nombres. Avant même de chercher une signification complexe, ces deux éléments vous donnent une lecture quasi instantanée de l’énergie d’une carte. Dans le Tarot de Marseille traditionnel, le code couleur est d’une grande cohérence et s’articule autour de quelques teintes fondamentales.

Le rouge est la couleur de l’action, de l’énergie active, du sang, de la vie. C’est la force qui pousse à faire. Le bleu, à l’inverse, est la couleur de la réceptivité, de l’intuition, de la spiritualité. C’est la force qui reçoit. Le jaune ou l’or représente l’intellect, la conscience, la lumière divine et l’intelligence. Enfin, la couleur chair nous ramène à notre humanité, à ce qui est incarné et terrestre. Observer la prédominance d’une couleur sur une carte ou dans un tirage complet donne déjà une information capitale sur l’atmosphère générale : est-elle plutôt active, réceptive, intellectuelle ou matérielle ?

Parallèlement, la numérologie des arcanes mineurs et majeurs construit un véritable parcours. Les chiffres ne sont pas de simples numéros d’ordre, ils racontent une évolution. Le 1 (As, Bateleur) est le potentiel pur, le commencement. Le 2 (Papesse) est la gestation, l’accumulation, la dualité. Le 3 (Impératrice) est la première explosion créatrice, l’expression. Le 4 (Empereur) est la stabilisation, la construction d’un cadre solide. Le 5 (Pape) est le pont, l’ouverture, mais aussi la crise ou le questionnement qui pousse à évoluer. En suivant cette logique, vous comprenez qu’une carte portant le chiffre 4 parle de structure, qu’elle soit matérielle (4 de Deniers) ou émotionnelle (4 de Coupes). Vous n’avez plus besoin de mémoriser, vous déduisez.

Maîtriser ces fondamentaux est la première étape pour construire votre propre dictionnaire symbolique interne.

Le dialogue silencieux : comment les regards et les directions racontent une histoire

Une fois les couleurs et les nombres intégrés, le troisième pilier de la grammaire visuelle est le plus fascinant : c’est le dialogue des cartes. Dans un tirage, les cartes ne sont pas des îles isolées. Elles interagissent, et la principale forme d’interaction est non-verbale. Les regards des personnages et la direction de leurs corps créent des lignes de force, des tensions et des conversations silencieuses.

La règle de base est simple : dans notre culture occidentale, la gauche est associée au passé, à l’acquis, à l’introversion. La droite est associée au futur, au projet, à l’extraversion. Un personnage qui regarde vers la gauche, comme L’Hermite (arcane VIIII), est tourné vers l’introspection et l’expérience passée. Un personnage qui regarde vers la droite, comme Le Chariot (arcane VII), est projeté vers l’action et la conquête du futur. Lorsque vous placez ces deux cartes côte à côte, une histoire se crée : l’un avance, l’autre éclaire ses pas depuis le passé.

Ce principe s’applique à tout le jeu. Dans un tirage en ligne, si une carte centrale est « regardée » par la carte de gauche et « ignore » la carte de droite, cela raconte quelque chose de puissant. Par exemple, si La Papesse (regardant à gauche) précède L’Amoureux (personnage central regardant à droite mais hésitant), on peut y voir une tension entre un savoir intuitif et passé qui retient, et un désir d’avancer vers un nouveau choix. La signification ne vient d’aucune définition apprise par cœur, mais émerge de la mise en scène que le tirage lui-même a créée. C’est votre table qui devient un petit théâtre dont vous êtes le metteur en scène.

Observer ces interactions est la clé pour comprendre comment les cartes se répondent et créent un récit.

Tarot ou Oracle : lequel privilégier pour des réponses rapides ?

La question du choix entre Tarot et Oracle est fréquente chez les débutants, surtout lorsque l’on recherche des réponses claires et rapides. La réponse dépend moins de l’outil lui-même que de la nature de la question et de votre besoin de structure. Un oracle est un système libre : le nombre de cartes, les thèmes et les significations sont propres à chaque créateur. Il est souvent accompagné d’un livret qui donne des messages directs, des conseils ou des affirmations. Pour une question ponctuelle du type « Quelle énergie m’accompagne aujourd’hui ? », l’oracle est souvent perçu comme plus immédiat, car il fournit une réponse textuelle à lire.

Le Tarot, en particulier le Tarot de Marseille, fonctionne différemment. Sa structure fixe de 78 cartes, organisée en arcanes majeurs et mineurs, représente un système psychologique complet. Il ne donne pas tant une réponse qu’un diagnostic. Pour une réponse « rapide », le Tarot demande d’accepter que la rapidité ne viendra pas d’un message tout fait, mais de votre capacité à lire sa grammaire visuelle. Un tarologue expérimenté peut avoir une réponse très rapide en observant simplement la dynamique entre deux ou trois cartes.

Ce paragraphe introduit le tableau, explique son intérêt et intègre naturellement un lien hypertexte vers la source des données en utilisant son URL. L’ancre du lien doit être descriptive, par exemple : …comme le montre une analyse comparative récente.

Oracle vs Tarot : différences de structure
Critère Oracle Tarot (ex. Tarot de Marseille)
Structure du jeu Nombre de cartes variable, structure non canonique ; chaque jeu dépend de son créateur et s’appuie souvent sur un livret d’interprétation. Structure standardisée : 78 cartes organisées en arcanes majeurs et mineurs ; interprétations plus stables d’un tarot à l’autre.
Prise en main (débutant) Souvent présenté comme plus facile à appréhender (messages plus directs, appui sur le livret). Souvent présenté comme plus complexe à déchiffrer, demandant davantage d’apprentissage.
Type de questions favorisées Souvent utilisé pour obtenir une réponse rapide et un conseil « ponctuel » via le message/guide du jeu. Souvent présenté comme donnant des réponses plus précises (au prix d’un apprentissage plus conséquent).

En somme, pour une réponse rapide et directe sous forme de conseil, l’oracle peut sembler plus accessible. Pour une réponse rapide qui analyse une situation dans sa complexité, le Tarot est un outil d’une puissance inégalée, à condition d’en maîtriser le langage.

Deux paquets de cartes posés sur une table, l’un plus traditionnel et l’autre plus moderne, séparés par un sablier, dans une composition minimaliste avec beaucoup d’espace vide.

Oracle ou Tarot : quel outil choisir pour une guidance émotionnelle douce ?

Lorsqu’il s’agit de guidance émotionnelle, la « douceur » n’est pas tant dans l’outil que dans le cadre qu’il propose. Les oracles, avec leurs illustrations souvent modernes et leurs messages bienveillants, sont généralement perçus comme une approche plus douce. Ils agissent comme un ami qui vous donne un conseil positif. Cependant, cette douceur peut parfois rester en surface, en offrant un réconfort immédiat sans forcément aider à comprendre la structure profonde de l’émotion ressentie.

Le Tarot de Marseille, avec son imagerie médiévale parfois austère, peut sembler moins « doux ». Pourtant, sa force réside précisément dans sa structure. Il offre ce que le psychologue Donald Winnicott appelait un « holding environment », un cadre contenant et sécurisant. Comme l’explique un article de recherche, ce concept désigne un espace sûr et nourrissant qui favorise les sentiments de confiance et de sécurité. L’un de ses promoteurs, Tyler Biscontini, le définit ainsi :

A holding environment refers to a safe and nurturing space created by parents or mental health professionals, intended to foster feelings of love, trust, comfort, and security.

– Tyler Biscontini, EBSCO Research Starters — « Holding environment » (2024)

Appliqué à la cartomancie, le Tarot devient ce cadre. Sa structure (majeurs/mineurs, 4 suites associées aux 4 fonctions psychologiques de Jung : pensée, sentiment, sensation, intuition) permet de nommer, de classer et donc de contenir l’émotion. Savoir si votre tristesse relève de la suite des Coupes (émotionnel) ou des Épées (mental) est en soi un acte de clarification extrêmement apaisant. Cette transformation de la cartomancie en outil d’introspection est d’ailleurs une tendance de fond, comme le note une analyse du journal Le Monde sur l’usage contemporain du tarot en développement personnel.

Gros plan sur la tranche de cartes et une texture de tissu, avec une lumière douce et chaleureuse, évoquant un cadre rassurant sans montrer de texte.

La véritable douceur n’est donc pas l’absence d’images troublantes, mais la présence d’une structure fiable qui permet d’accueillir et de comprendre toutes les émotions, même les plus difficiles, sans se sentir submergé.

Pourquoi le parcours du Bélier aux Poissons est-il un chemin initiatique complet ?

À première vue, l’astrologie et le Tarot de Marseille sont deux systèmes distincts. Pourtant, ils partagent une ambition commune : cartographier la psyché humaine et son potentiel d’évolution. Comprendre la logique du zodiaque peut ainsi éclairer par analogie la structure narrative du Tarot. Le parcours astrologique, qui va du Bélier aux Poissons, n’est pas une simple liste de douze signes ; c’est un chemin initiatique complet qui décrit les étapes du développement d’une conscience individuelle.

Le voyage commence avec le Bélier, l’étincelle de vie, l’impulsion pure du « Je suis ». C’est l’énergie du Bateleur dans le Tarot. Il est suivi par le Taureau, qui ancre cette énergie dans la matière, et les Gémeaux, qui la font entrer en communication. Ce premier cycle correspond à la construction de l’identité personnelle. Viennent ensuite les signes liés au collectif et à la relation à l’autre (Cancer, Lion, Vierge, Balance…). Enfin, le cycle se termine avec les signes transpersonnels (Scorpion, Sagittaire, Capricorne, Verseau, Poissons), qui explorent la mort et la renaissance, les croyances, la structure sociale, l’universalité et la dissolution du moi dans le grand tout.

Ce parcours du zodiaque, de l’affirmation de soi la plus élémentaire à la fusion avec le cosmos, est un miroir parfait du chemin des 22 arcanes majeurs du Tarot. Le voyage du Mat, qui traverse les étapes incarnées par chaque arcane jusqu’à atteindre l’accomplissement du Monde, suit une progression psychologique similaire. Comprendre que ces systèmes symboliques ne sont pas des collections de symboles aléatoires mais des récits structurés du développement humain est fondamental. Ils offrent une feuille de route pour naviguer dans notre propre vie, en identifiant à quelle étape du voyage nous nous trouvons.

À retenir

  • Oubliez la mémorisation : la clé de la lecture n’est pas dans le « par cœur », mais dans l’observation de la grammaire visuelle des cartes.
  • Pensez en termes de structure : les couleurs, les nombres et les regards créent un langage cohérent qui raconte une histoire.
  • Le Tarot offre un « cadre contenant » : sa structure rigoureuse est un espace sécurisant pour explorer et comprendre les émotions complexes.

Construire votre propre pratique : passer de la théorie à l’intuition structurée

La maîtrise du Tarot de Marseille n’est pas l’aboutissement d’un long et pénible apprentissage, mais le fruit d’une pratique régulière de l’observation. La méthode de la grammaire visuelle vous a donné les outils pour décoder le langage des cartes. Maintenant, la seule étape restante est de commencer à parler cette langue. L’intuition, tant recherchée, n’est pas un don mystique, mais le moment où la grammaire est tellement intégrée qu’elle devient une seconde nature. C’est comme apprendre une langue étrangère : au début, on traduit mot à mot, puis on commence à former des phrases, et un jour, on se surprend à penser directement dans cette langue.

Pour y parvenir, la régularité est plus importante que l’intensité. Tirez une carte chaque jour, non pas pour prédire votre journée, mais pour dialoguer avec elle. Posez-lui des questions basées sur la grammaire visuelle : « Quelle est ta couleur dominante ? », « Où regardes-tu ? », « Quel est ton nombre et à quelle étape du cycle te situes-tu ? ». Prenez quelques notes dans un carnet. Ne cherchez pas la « bonne » réponse, cherchez votre réponse, celle qui résonne avec votre vécu du moment. Peu à peu, vous bâtirez une relation personnelle et intime avec chaque arcane.

Le but ultime est de faire confiance à votre regard. Lorsque vous effectuez un tirage, résistez à l’envie de vous précipiter sur un livre. Prenez une minute pour simplement regarder la scène. Qui parle à qui ? Qui tourne le dos ? Quelle est l’ambiance colorée générale ? Laissez la première impression, l’histoire qui se dessine spontanément, être votre guide. C’est ici que la magie opère : quand votre savoir structuré sur la grammaire visuelle rencontre votre ressenti personnel. C’est la naissance de l’intuition structurée.

Pour que cette approche devienne une seconde nature, il est essentiel de revenir régulièrement aux fondements de la grammaire visuelle.

L’étape suivante consiste à prendre votre jeu, à étaler quelques cartes et à commencer à observer, non plus pour deviner, mais simplement pour voir. C’est le début de votre véritable conversation avec le Tarot.

Rédigé par Lucas Ferrand, Tarologue, runologue et historien des symboles, Lucas enseigne l'art de la divination comme un outil de clarification et non de fatalité. Il est expert dans les supports traditionnels (Tarot de Marseille, Runes Futhark) et les méthodes folkloriques.