Abraham, Terah et les idoles

 

 

 

L’Abraham historique

 

 

 

A supposer que l’ancêtre des trois religions monothéistes actuelles ait effectivement existé, il aurait alors vécu, si l’on en croit les premiers historiens à avoir étudié la question, au 20e siècle avant notre ère, date que d’autres historiens ramèneront finalement au 18e siècle.

 

Sachant qu’Abraham vécut 175 ans (ce qui est finalement peu comparé aux 900 ans et plus, par exemple, d’un Noé), on peut en déduire que nous sommes à la fin du 18e ou au début du 17e siècle avant notre ère lorsqu’il se rend en Egypte en compagnie de Sara, soit à une époque qui précède de très peu l’invasion du delta du Nil par les Rois Pasteurs (en égyptien : heka shasou), (appelés également Rois Etrangers  - en égyptien : heka khasout), eux qui passeront à la postérité sous le nom d’Hyksos.

 

Quant à l’épisode qui voit ce même Abraham, une fois de retour en Palestine, lever une armée pour libérer son neveu (perçu alors comme son propre frère – son nom est Loth), un neveu qui a été enlevé par Kador Laomer (alias le Serviteur de l’Elam) et les autres rois qui sont avec lui, cet épisode, à  supposer  qu’il se réfère à une réalité historique,  renvoie à un Serviteur de l’Elam (car  tel est le sens de Kador Laomer)  qui était, au choix, Kudur Mabouk (lequel vécut au 19e siècle av. JC et s’établit à Larsa, en Sumer, à partir d’une région - le Iamutbal - située entre le Zagros et le Tigre), ou, autre variante, Kudur Lagamar.

 

A noter que Lagamar était une déesse du panthéon élamite, ce qui présuppose que Kudur Lagamar était son serviteur.

 

Selon James Bell

 

(cf. http://www.jameswbell.com/geog0050lnames.html),

 

 

la déesse Lagamal (écrit également Lagamar) était une déesse des enfers qui, avec sa consoeur Ishnikarab, accueillait et jugeait les morts à  leur arrivée au royaume des morts.

 

Sayce, lui, précise ceci, en lisant tel ou tel mythe associé à l’ancienne religion sumérienne :

 

 

(cf. http://www.case.edu/univlib/preserve/Etana/hibbert_lectures_1887/L4p4.pdf)

 

 

Perhaps Mul-me-sarra [le soleil de midi ou du jour] is also the deity who is addressed in another hymne as “the warrior-god (Erimmu), the bright one, the sword (or lightning) of Istar,” and of whom it is said: “May he give thee rest with kindly hand (rittu), may he rain life and tranquillity upon thee with his hand! “ Under the name of Iskhara, Istar herself was called “the sword” or “lightning of heaven,” and as such was identified with the constellation of the Scorpion ; and the hand of the goddess Bunene is entitled “ the inundator of the lightning”, that of the Elamite god Lagamar being “the inundator of the earth, and  that of the god of impurity “the inundator o the crown.

 

 

Et ce  même Sayce de préciser dans une note :

 

 

K 48. It is probably quite late, but embodies earlier ideas. There is no Accadian text attached to it. On the reverse, which is almost entirely destroyed, mention is made of six hymns” to Samas, Merodach and Anu, besides other hymns to Merodach which had to be recited on the north side of the altar. and a hymn or hymns to Nusku on the east side of it. “Altogether,” if is stated, “there are fifteen hymns to be said on the north and east sides. On the west, nine hymns to Assur, Mu1-me-sarra, the Sun of midday, Laz (?), and the Hero-god (Dun)who quiets the heart, Bel of cattle, the Lady of cattle, Bel of the pure mound (Birs-i-Nimrud), (and) the Lady of the pure mound. Offer sacrifices, lay reeds which have been cut up, offer food and oil; et the hand of the prince take honey and butter, the food of the god of revelations (BARBAR), and recite the following.

 

 

On peut donc en déduire que Lagamar est une divinité chtonienne semblable à la déesse sumérienne Ereshkigal ou au dieu  sumérien Nergal.

 

Quant à Kudur Lagamar peut-être s’identifiait-il  à Nergal !?

 

Sachant que Nergal était, au choix, le Soleil de la Terre, le Grand Lion ou l’Hydre, on peut en déduire que son serviteur est, dans le roman sabéen, une constellation qui se situe à proximité.

 

Toute la question, une fois cela posé, est de savoir si Kudur Lagamar est le même personnage que le biblique Kador Laomer (alias le Serviteur de l’Elam).

 

Dans le Roman Sabéen, nous avons donné une autre interprétation en partant du principe que le mot Elam a une autre connotation que le pays du même nom situé entre Sumer et les contreforts de l’Iran.

 

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Pour en revenir à la dimension historique du récit qui, dans la Bible, met aux prises  Abraham et sa coalition, à Kador Laomer et la sienne, on peut supposer que le grand personnage qui, sous le nom de Kador Laomer, dirige la coalition de rois qui enlève Loth, ce personnage n’est pas tant le Serviteur de l’Elam que le grand Hammurabi.

 

Reste à préciser que ce personnage s’appelle Amraphel dans la Bible (à supposer bien sûr qu’on puisse assigner ces deux noms au même personnage).

 

Et si Hammurabi (qui est ici le grand Hammurabi) était effectivement le personnage le plus considérable de son époque, il n’apparaît pas sous cette forme dans la Bible. La preuve : il est, là, sous les ordres d’un Kador Laomer qui est lui-même le chef de la coalition représentée par les quatre rois mésopotamiens.

 

Quoi qu’il en soit, si Amraphel est le grand Hammurabi, les documents historiques montrent que celui-ci se forgea, à partir de Babylone, un empire qui ira de la Méditerranée, au nord et à l’ouest, au golf Persique au sud et à l’est, un Hammurbi qui l’a créé en soumettant notamment le pays de l’Elam au sud et la grande cité de Mari au nord).

 

Et c’est également lui, Hammurabi, qui créa l’un des tout premiers codes de lois dans l’histoire de l’humaniné.

 

Ceci dit, dans son livre sur la Mésopotamie (édition du Seuil, février 1995), l’historien Georges Roux nous parle d’un roi Hammurabi qui, au lieu d’être le grand roi, dirigeait la cité d’Alep.

 

Mais écoutons Roux sur cette question.

 

Nous lisons au chapitre sur les Kassites :

 

 

A la mort de Hammurabi en 1750 les événements que nous venons de décrire n’avaient pas encore porté tous leurs fruits…..

 

Le grand royaume, l’Empire babylonien était l’oeuvre d’un seul homme. Il reposait sur sa puissante personnalité et sur un système administratif qui, peu à peu, évinçait les pouvoirs locaux pour renforcer celui du souverain. Formé en quelques années seulement, le grand royaume de Babylone comportait toute la basse Mésopotamie (Sumer et Akkad), ainsi que l’ancien royaume d’Eshnunna. La liste de cités que donne Hammurabi, vers la fin de sa vie, dans le prologue de son « Code », indique qu’il possède aussi Assur et Ninive, mais il semble n’avoir exercé qu’un vague contrôle sur cet axe du territoire assyrien que gardera Ishme-Dagan (le fils de Shamshi Adad) jusqu’en 1741. Il en est de même de la haute Mésopotamie et ses nombreux petits Etats soumis au roi Hammurabi  I d’Alep, comme le montrent les tablettes trouvées à Tell Leilan (Shubat-Enlil), capitale du royaume Apum.

 

 

On peut donc supposer que c’est cet Hammurabi-là qui apparaît dans les aventures d’Abram sous le nom d’Amraphel (étant entendu que le nom Hammurabi signifie,  d’après Roux, « le dieu Hammu (écrit également Ammu) guérit » [lequel dieu, à en croire un Roux qui emprunte ici probablement son information à Jean Bottéro, était une divinité ouest- sémitique].

 

Bref, on peut supposer que c’est l’Hammurabi d’Alep qui prélève tribut, en compagnie de ses alliés, sur des régions vassalisées qui incluent alors un pays de Canaan où Abraham lève une armée pour s’opposer à la main mise des rois mésopotamiens sur son territoire, et surtout pour  libérer son neveu enlevé par la coalition des quatre rois mésopotamiens .

 

Sachant par ailleurs (toujours en compagnie de Georges Roux), que le grand Hammurabi (i.e. celui de Babylone) va soumettre l’Elam à l’aide du roi de Mari (le  nom de ce dernier est alors Zimri-Lim, lui dont le beau père est,  sous le nom de Iarim-Lim, le roi d’Alep, et sachant aussi que ce même Iarim-Lim a pour fils Hammurabi (qui est ici l’Hammurabi d’Alep), lequel va attaquer Zimri-Lim et sa cité de Mari et lui faire perdre son royaume, obligeant son roi à s’enfuir, on peut en conclure que le récit évoqué au chapitre 14 de la Genèse fait référence à cette tranche-là de l’histoire du Moyen-Orient.

 

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L’Abraham du roman sabéen

 

 

Maintenant que nous avons posé le cadre historique précisant les termes du chapitre 14 de la Genèse, rien n’empêche de voir dans les personnages qui l’animent des constellations, ce qui nous  renvoie au roman sabéen. En d’autres termes, les personnages qui, que ce soit du côté d’Abram et de sa coalition, ou  du côté de Kador Laomer et de la sienne, s’affrontent dans la vallée de Siddim, sont des  constellations qui s’affrontent sur telle portion de territoire bien précise associée au planisphère céleste .

 

Sur le détail de cette histoire-là, nous renvoyons le lecteur au Roman Sabéen.

 

Dans la suite du présent article, nous allons parler d’Abraham tel que le percevaient les rabbins de l’antique religion judaïque.

 

Ainsi, en lisant, entre autre document, le site internet

 

http://www.image-in.co.il/SHALOM/midrach02.htm,

 

nous apprenons qu’Abraham, contrairement à son père Terah, qui était un marchand d’idoles (autre manière de dire qu’il adorait une religion païenne), adorait le vrai dieu, et que, pour cette raison, il échappa au bûcher organisé par Nemrod, ce qui ne fut pas le cas de son frère Haran, lequel, comme le mentionne le titre de l’article, meurt devant père (ainsi que le rapporte le verset 11, 28 de la Genèse).

 

Cet article est intéressant car il donne à penser que le père et le fils adorent tous les deux des religions différentes, l’une étant la vraie, et l’autre, la fausse (une fausse qui est en l’occurrence sabéenne).

 

Ceci dit, on peut interpréter tout le texte mentionné dans cet article d’une manière tout autre en l’assimilant à un morceau du roman sabéen.

 

Dans ce roman-là, Abraham est le Centaure, comparé à un Terah qui est le Bouvier.

 

Quant aux idoles dont le Bouvier est le marchand, on peut les assimiler,  ou bien aux étoiles de la Grande Ourse, ou bien à celles du Dragon.

 

Quant à Haran, le frère d’Abraham, dans la mesure où il est la constellation d’Hercule, il meurt sur un bûcher que l’on peut identifier au Dragon (un Dragon qui s’appelle ici Nemrod).

 

Quant au Centaure, dans la mesure où il a quitté la  partie visible du  planisphère céleste depuis belle lurette, il adore le Dieu Unique (lui qui est le maître du Temps et du Zodiaque), au lieu d’adorer, comme son père, le Dragon et ses étoiles.

 

Quant à l’homme qui désire acheter une idole fabriquée par Terah, on peut voir dans ce personnage, au choix, le Bouvier ou Céphée.

 

Et encore, si Terah est ce Bouvier, l’homme est Hercule.

 

Cet Hercule achète une idole lorsque le Dragon s’est rapproché de lui, chose qui se produit avant qu’Hercule ne quitte la partie visible du planisphère céleste.

 

Quant au Bouvier, parce qu’il l’a déjà quittée, le rabbin  Hiya précise, dans son article, que Terah est parti quelque part, laissant Abraham vendre les idoles à sa place.

 

Reste à préciser ceci : dans la mesure où Abraham est le Centaure, ce Centaure est caché dans la partie invisible du planisphère céleste (laquelle se situe elle-même sur la droite) quand il se substitue à son père dans la vente des idoles.

 

Le Bouvier étant parti, c’est Hercule (qui a bel et bien la forme d’un homme) qui se présente devant lui.

 

ET Hercule de s’en aller lui aussi.

 

Là-dessus, le récit du rabbin Hiya nous apprend qu’une dame tenant un plat de farine vient vers Abraham en lui proposant de le prendre et de le vendre aux acheteurs qui se présentent devant lui.

 

Cette farine étant, possiblement, la Voie Lactée, la dame peut être assimilée à la constellation de la Lyre.

 

Où la difficulté (en termes d’explication) surgit, c’est quand Abraham fracasse tous les idoles avec un bâton.

 

En effet, si l’on part du principe qu’Abraham est le Centaure,  le bâton devrait être le Serpent Caput.

 

Seulement voilà, s’il est cela, les idoles ne peuvent pas être associées au Dragon ou à la Grande Ourse.

 

Elles sont, en ce cas, associées à l’Hydre et à ses acolytes Sextant, Cratère et Corbeau.

 

C’est donc un groupement pareil que frappe le Serpent Caput.

 

Même tableau dans les aventures de Moïse : quand celui-ci  frappe Pharaon et ses fils premiers nés avec le bâton serpent, ce bâton est lui aussi le Serpent Caput.

 

Et parce que, dans le récit du rabbin Hiya, le Bouvier est revenu entre-temps sur le planisphère (ce qu’indique le morceau  suivant : « de retour, son père [à lui, Abraham] s’écria : « … ».), et attendu également que les idoles sont représentées par l’Hydre et ses acolytes plutôt que par le Dragon, la femme qui tend un plat de  farine à Abraham ne peut pas être la Lyre. Cette dame est au choix, la Vierge, le Scopion ou la Balance.

 

A supposer qu’elle soit le Scorpion (qui est ici un scorpion femelle), la farine représente alors la Voie Lactée.

 

Mais là encore, dans la mesure où c’est l’une des idoles qui mange la farine la première, cette farine-là ne peut pas être la Voie Lactée. Elle est représentée par l’Epi de la Vierge.

 

Si notre lecture est correcte, la dame propriétaire du plat de farine est la Vierge.

 

Quant à la farine elle-même, elle est représentée par l’Epi de la Vierge.

 

Mais supposons que la farine était la Voie Lactée.

 

En ce cas, la dame qui tend le plat de farine au Centaure, est l’étoile Sirius du Grand Chien.

 

Quant à l’idole qui mange la première la farine, elle est représentée alors par la constellation des Voiles (elle-même se situant dans la Voie Lactée).

 

Là-dessus, le rabbin Hiya nous apprend qu’Abraham insulte son père en lui disant qu’il adore une religion idolâtre, un Terah qui livre alors son fils aux mains du terrible Nemrod.

 

Attendu que Terah est le Bouvier, et Abraham, le Centaure, celui-ci est livré aux mains d’un Nemrod qui est le Dragon.

 

Et parce qu’Abraham est une créature plus divine que son frère Terah, celui-ci, qui, est l’expression d’Hercule, mourra sur le bûcher incarné par le Dragon (un Dragon qui stationne pour l’heure tout  en haut à droite du planisphère céleste).

 

Ainsi s’explique le verset 11, 28 de la Genèse.