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Le dieu unique et absolu dans
l’Histoire, et le dieu unique et absolu dans
l’idéologie religieuse Quand on parle du dieu unique et créateur de l’univers,
il faut savoir si l’on est dans l’idéologie ou si l’on est dans l’histoire
des hommes. Dans le premier cas, Dieu est ce qu’il est, à savoir le
créateur d’un univers qui englobe en son sein, au départ, un homme à l’image
de Dieu, cet homme qui, parce
qu’il a fauté en écoutant le Serpent
plutôt que Dieu, fut rejeté par ce même Dieu à l’extérieur du Jardin d’Eden. Quant à la race humaine créée par Dieu, au lieu d’être
éternelle, elle sera désormais, par le même principe, mortelle, ce qui
n’empêchera pas chacune de ses unités d’appeler Dieu à l’aide et de se
réclamer de Lui, à supposer bien sûr qu’elle ait foi en Lui, ou ce qui
revient au même, que Dieu se soit manifesté
à elle. Et si la personne est pieuse, elle vivra dans Sa
sainteté et Sous sa protection. Et si ce même Dieu s’est fait connaître aux hommes par le
Christ (ce qui fait d’eux des Chrétiens), c’est lui, Christ, qui, en mourant
sur la croix, est censé avoir donné sa vie pour sauver les hommes de leurs
péchés. Et si la religion est juive au lieu d’être chrétienne,
on apprend alors, en lisant ses textes sacrés, que les prophètes avaient
annoncé l’arrivée d’un Messie chargé de libérer le peuple élu d’une servitude
qui, au lieu d’être incarnée par Pharaon, est incarnée désormais par Rome et
son empereur, une Rome qui occupe militairement Jérusalem et s’y fait
représenter, sur le plan politique, par Hérode et sa descendance. Bref, que l’on soit dans l’Ancien Testament ou dans le
Nouveau, un Messie est censé être venu sur la terre afin de sauver et/ou de
libérer les hommes (dans un cas, de la tutelle romaine, et dans l’autre, de
la chute du premier homme à l’extérieur du Jardin d’Eden, et, au-delà, des
pêchés chargeant ces mêmes hommes depuis qu’Adam a « chuté » en compagnie de
son épouse). Si donc le Messie attendu par les Juifs était bel et
bien, pour certains, ce Jésus dont parle le Nouveau Testament de la Bible (ce
que contestent les Juifs de stricte observance), le même est non seulement un
Messie mais un Sauveur pour ceux des Juifs qui deviendront des Chrétiens, et,
au-delà, pour ceux des chrétiens qui étaient, au départ, des païens au lieu
d’être des Juifs au sens strict (ceux-ci appartenant alors à un peuple dont
les ancêtres - qui sont ici les Béné
d’Israël - ont reçu le Décalogue des mains d’un Moïse qui, après avoir créé
une nation de Juges à l’instigation de son beau-père, passera le témoin
à Josué, un Josué qui, par ses
victoires sur les Cananéens, permettra au peuple de Dieu de s’installer sur
la Terre Promise). C’est donc lui, Peuple de Dieu (ou Peuple du Livre), le
dépositaire de la Parole Divine. ET parce que les Romains occuperont (sous-entendu :
après les Assyriens, les Perses, Alexandre et ses représentants et
successeurs séleucides attachés à la culture hellénistique), la Palestine,
les Juifs attendaient l’arrivée de ce Messie censé les libérer en chassant
les Romains de leur territoire. A quoi Jésus répliqua (une fois connu des hommes à
travers les textes des Evangiles et du canon du Nouveau Testament) qu’il
n’était pas venu sur terre pour chasser les Romains mais pour apporter à
tous, Romains et Juifs, la connaissance d’un dieu de bonté et de miséricorde
(ce qui fait de Jésus lui-même un sage - au sens antique du terme) Voilà, résumée d’un mot, la trame du récit historique
associée à la présence du Messie parmi les hommes. ET si le mot messie désigne le oint, ce oint-là est
censé libérer les hommes. Mais là est la différence d’approche selon que l’on est
un Juif ou un Chrétien : pour le juif qui souffrait, en ce temps-là, de la
présence romaine, le libérateur, une fois né, devait, à ses yeux, le libérer
de la tutelle romaine. Quant au Chrétien, il verra en Jésus un être venu parmi
les hommes pour les soulager ou les sauver de leur misère humaine (elle qui
remonte en l’occurrence au temps de la Chute d’Adam et Eve à l’extérieur du
Jardin d’Eden). Tandis donc que le Messie des Juifs est venu pour
libérer les Juifs, le Messie des Chrétiens est venu pour sauver l’homme tout
court de sa déchéance primordiale. Une chose est sûre : au départ Jésus est bel et bien le
Messie, et, qui plus est, le Messie juif annoncé par les prophètes. Et s’il
n’est pas cela pour tous les Juifs, la raison en est que ces mêmes Juifs ne
voient leur condition s’améliorer en aucune façon depuis que Jésus est apparu
sur terre, bien au contraire. Et si eux-mêmes attendaient la venue d’un Messie, cela
s’explique par le fait que leurs ancêtres avaient été esclaves de Pharaon du
temps de leur séjour de plus de quatre cents ans en Egypte, esclaves que leur
dieu (à savoir Yahvé) va libérer après
les avoir entendu gémir durant leur dur labeur au moment de confectionner les
briques destinées à l’édification de Pitom et/ou de Pi-Ramsès. Même servitude (ou presque), lorsque les Juifs sont
exilés quelques siècles plus tard en Assyrie ou à Babylone. Mais à chaque fois également, Yahvé, après avoir châtié
ses ouailles, va les libérer (même si le vrai libérateur est, dans le cas de
la détention des Juifs à Babylone, le roi perse - son nom est Cyrus -, mais
c’est là une autre affaire). Et là est la nouveauté : lorsque les Juifs sont sous le
joug des Romains (on est alors à l’époque d’Auguste ou de Tibère), le
libérateur, au lieu de s’appeler Yahvé, s’appelle Jésus (du moins aux yeux de
ses proches partisans). Et tandis qu’eux-mêmes ont reconnu en lui le Messie,
d’autres, pour les raisons indiquées, affirment le contraire. D’où la
scission entre d’un côté les Chrétiens (ou futurs Chrétiens), et de
l’autre les Juifs de stricte
observance (eux-mêmes respectant la loi de Moïse et les rites associés à
l’ancienne religion judaïque) Plus tard, les théologiens chrétiens feront un pas
de plus en soutenant que les vrais
Juifs (au sens ici de fils de Jésus) sont les Chrétiens, au motif que
l’Éternel Dieu incarne, à travers son fils unique, l’amour, la charité et la
miséricorde, comparé à un dieu des Juifs (son nom est Yahvé) qui n’hésitait
pas, lui, à tuer ou à faire tuer les premiers nés non seulement des ennemis
de son peuple (songeons à Pharaon) mais de son propre peuple. Mais là encore, il ne faut pas se payer de mots. En effet, les Evangiles montrent qu’à un certain moment
de sa vie, Jésus se munit d’une épée (voire même de deux) afin de tuer les
hommes ou, ce qui revient au même, afin de les séparer (étant entendu que les
uns continuent à vivre pendant que les
autres meurent). Tout cela pour dire que l’Ancien et le Nouveau Testament
ne sont pas, sous le rapport de l’attitude de la divinité face aux hommes, si
étrangers l’un à l’autre qu’on pourrait le penser, ou si étrangers que le
laissent supposer les théologiens chrétiens dans leurs écrits. **** Pour en revenir à Yahvé, on peut considérer que ce dieu
ressemblait, du moins au début, à Moloch (on est ici chez les Cananéens) ou à
Huitzilopochtli (on est là chez les
Aztèques, eux qui ont envahi, en arrivant depuis le nord, un centre ou
un mexicain occupé jusqu’alors par les
Toltèques). Et cependant, en lisant la Genèse, on s’aperçoit que
l’ancien dieu immolateur va devenir,
avec le temps, un dieu plus civilisé. La preuve : il arrête au tout dernier moment
la main meurtrière d’Abraham, un Abraham qui est allé avec son fils Isaac au
sommet du Mont Moriah afin de l’y immoler et d’en faire l’offrande à Dieu,
comme Celui-ci le lui a demandé. On peut donc en déduire que, sur terre, les coutumes du peuple juif sont en train
de changer, chose qu’on observe au
ciel dans le changement d’attitude de la part d’une divinité qui arrête la
main meurtrière d’Abraham au tout dernier moment. Bref, tandis que les premiers Juifs faisaient
probablement des sacrifices humains, sinon à Yahvé, du moins à Moloch (un
Moloch adoré par des Juifs qui sont alors des Cananéens), la coutume a sans
doute été abolie, ce que révèle la scène du mont Moriah. Manière de dire que Yahvé est (ou est devenu) un dieu
plus divin que Moloch (lequel, comparé à lui, est une idole). **** Quant à Jésus, si, pour en revenir à lui, il est venu
sur terre, ce n’est pas, comme il le dit lui-même, pour abolir la loi
mosaïque, mais pour l’accomplir. Au lieu donc que le Verbe des Chrétiens incarne, sous le
nom de Jésus, la négation même de Moïse, il est né et venu auprès des hommes
pour faire appliquer une loi mosaïque qui a cessé de l’être, notamment depuis
que les marchands du temple s’engraissent sur le dos des fidèles venus rendre
hommage à Dieu au sein d’un Temple contrôlé alors par des prêtres qui pensent
plus à l’argent et aux bénéfices tirés
de la vente des animaux à sacrifier, qu’à la loi mosaïque elle-même. Et là est le nœud crucial de l’affaire en parlant de
Jésus : après sa disparition au ciel, ses disciples se scinderont en deux
camps (avec d’un côté ceux qui l’ont personnellement connu - que ce soit
comme parents ou fidèles - et qui
fonderont l’Eglise de Jérusalem, et de l’autre ceux qui, à l’instar de Paul
de Tarse, ne l’ont pas connu (sinon en songe) et créeront des communautés
chrétiennes à travers le monde). Et parce qu’il en est ainsi, on se retrouve, aussi bien
en termes de lecture historique qu’en termes de lecture théologique, avec
deux interprétations très différentes de ce que fut Sa Vie et de ce que
Lui-même est censé avoir représenter au sein de la religion chrétienne qui
est alors en train de naître. Précisons que celle-ci n’est pas née sur les décombres,
mais bien plutôt à côté d’une ancienne religion juive dont Jésus, qui était
Juif lui aussi, symbolise, par seule présence, une fracture très brutale. Mais là encore, si les Juifs de stricte observance, et
notamment ceux qui sont proches du pouvoir, ne verront dans ce personnage
qu’un agitateur politique, les Chrétiens verront en lui non seulement un homme mais un dieu (étant
entendu que seul un dieu est capable de faire des miracles et de
ressusciter). A y regarder de près, ce n’est pas tant Jésus lui-même
qui fractionna l’ancienne religion juive, que Paul de Tarse, un Paul qui se
sépara des premiers fidèles (eux qui, souvenons-nous, ont côtoyé le maître de
son vivant), en supprimant les anciens rites (ou une partie d’entre eux) et
en allant fonder des communautés chrétiennes à l’extérieur de la
Palestine. Sur le plan théologique, cette séparation se ramène à
ceci : si les fondateurs de l’Eglise de Jérusalem se souviennent de l’homme
Jésus, Paul et les communautés fondées par lui, ne connaîtront, eux, que le
Christ, c’est-à-dire le Jésus ressuscité. **** Voilà pour l’aspect historique (ou historico religieux)
des choses. Maintenant, si l’on prend comme point de départ le Jésus
du Nouveau Testament et que l’on remonte ensuite dans l’histoire telle
qu’elle apparaît en filigrane dans la Bible, on s’aperçoit que Jésus est de
la maison de David, que celui-ci a eu pour fils le grand Salomon (la Paix
soit sur lui ! comme disent les lecteurs d’un Coran qui d’ailleurs reconnaît
tour à tour, en Abraham le premier père, à travers Ismaël, de la religion
musulmane, et en Jésus un prophète de Dieu) ; bref, attendu que Jésus a été
précédé de Salomon, de David, et, si l’on remonte plus haut dans le temps, de
Jacob, d’Isaac, d’Abraham, de Noé, et finalement d’Adam et Eve, on parvient finalement,
après avoir effectué tout ce chemin, à ce Dieu créateur de l’univers qui a
expulsé Adam et Eve du Jardin d’Eden après que ceux-ci eurent mangé le fruit
que le Serpent de la Création avait tendu à Eve. Et c’est là qu’intervient le discours des Pères de
l’Eglise : ceux-ci, au lieu de nous dire que toute cette histoire a son
origine, sur le plan historique, dans
un discours religieux qui a sa source, au départ, dans la mythologie (elle-même mêlant, au sein d’une même
ensemble, la magie, le culte des morts, celui des astres, et d’autres choses
encore), ils nous transportent, pour ainsi dire sans préambule, dans des
textes qui nous apprennent que Dieu est non seulement le maître de l’univers,
mais également un dieu qui se révèle à des hommes qui, précisément à cause de
cette révélation, font de ces mêmes hommes des créatures prédestinées. Si donc Dieu apparut à Abraham, à Jacob, à Moïse, et à
d’autres encore, non seulement il révèle
Sa grandeur à cette occasion, mais Il révèle également leur grandeur à eux. Et parce que le peuple du Livre fut le premier à avoir
eu la révélation du seul vrai dieu que le monde ait jamais connu, ses
prêtres, qui sont également des théologiens, sont les seuls capables - du moins à les en croire - d’enseigner la
religion (qui est ici la vraie religion) aux hommes. Et si le propos est valable pour les Juifs, il l’est
aussi pour les Chrétiens et les Musulmans. Prenons par exemple les Chrétiens. Si l’on part du principe que l’humanité compte
aujourd’hui dans ses rangs environ 1,5 milliards de Chrétiens, le Dieu de ces
mêmes Chrétiens est le seul vrai dieu à leurs yeux. Quant aux Chinois, aux Indiens de l’Inde, aux Musulmans,
aux Juifs et à tous les autres, s’ils sont acceptés comme des frères par ceux
des Chrétiens qui ne sont pas des fanatiques, ils sont reconnus comme des
concurrents, ou des ennemis potentiels, par ceux qui prétendent, au nom de
leur fanatisme religieux, imposer la religion chrétienne à toute l’humanité. Et la même remarque de s’appliquer à toutes les
religions sans exception lorsque leurs
partisans sont des extrémistes. En d’autres termes, aux yeux des dits extrémistes, sont
damnés tous ceux qui ne pensent pas comme eux, et sont sauvés (ou seront
sauvés - sous-entendu : des enfers) tous ceux qui pensent comme eux. **** Et puisque l’objet du litige est ici la religion, il ne
faut pas confondre, à ce sujet, deux
choses qui ne se confondent pas : il ne faut pas confondre d’un côté
l’histoire des hommes et de leurs religions, et de l’autre l’histoire telle
que nous la lisons dans les textes sacrés attachés à telle ou telle religion.
Dans un cas, il s’agit pour l’homme de jeter un regard
objectif sur l’histoire de ses ancêtres humains (une histoire qui englobe ici
la religion), alors que dans l’autre on demande à des gens, au nom de la
divinité même du Livre, de croire sans discuter tout ce que ce même Livre est
censé enseigner ou révéler aux hommes (que ce soit à propos de l’histoire ou
de n’importe quel autre sujet). Et si un tel discours peut faire sourire aujourd’hui, ne
sourient pas, et même pas du tout, tous ceux qui, du côté des Eglises,
s’attachent, sous prétexte qu’ils ont « épousé Dieu » en se mettant sous sa
protection et en récitant sur le bout du doigt des versets bibliques par milliers, à nous
convaincre que le peuple du Livre fut le premier peuple (et donc le plus
saint), et que la religion du Livre fut la première qui ait jamais
existé (ce qui fait d’elle la plus
sainte également). Et parce que tout
cela est, dans leur esprit, premier, tout ce qui vient après (à savoir la
philosophie grecque, ou l’astrolâtrie chaldéenne, ou la gnose égyptienne, ou
les anciennes religions védiques ou iraniennes), tout cela n’est que
l’expression de la dégénérescence ou de la corruption de la part d’être
humains qui ont abandonné la religion première au profit de ses formes dégénérées. Ceci dit, au nom de quoi, je vous le demande, ces
professeurs du droit divin ont-ils le droit de prétendre, eux qui ne sont
finalement que des créatures mortelles, que le Dieu auquel ils croient est
plus parfait et plus connu d’eux-mêmes, sous prétexte qu’ils croient en Lui
et bombardent les incroyants de versets bibliques, que le dieu des autres
communautés ?! Et au nom de quoi eux-mêmes savent mieux que les autres (qui
sont ici des athées, des communistes, des sceptiques, ou finalement des gens
qui pratiquent une autre religion) qui est ce Dieu auquel ils croient. Oui, Mesdames et Messieurs, dans la mesure où Dieu est
une créature trop importante pour être appréhendé par les simples mortels, au
nom de quoi certains, parmi eux, font la leçon aux autres, à propos de Lui et
de Son enseignement, sous prétexte qu’eux ont la foi et ont reçu une
éducation religieuse, et que les autres, parce qu’ils n’ont pas reçu une
telle éducation, sont des bornés, pour
ne pas dire des damnés qui ont besoin d’être sauvés (sous-entendu : du démon)
en étant initiés, par ceux qui savent, à la
Parole Divine ? Et à supposer même que, parmi les sceptiques, se
trouvent des hommes de science, ceux-ci doivent-ils être damnés ou condamnés
sous prétexte que leurs découvertes scientifiques contredisent les préceptes
bibliques sur nombre de sujets (et notamment sur celui du temps qu’a mis Dieu
pour créer l’univers) ? **** Pour en revenir à la religion même, il existe une
différence de taille entre les modernes que nous sommes et nos ancêtres :
tandis que les modernes, à l’initiative d’ancêtres qui ont pour nom
Zoroastre, Abraham, et d’autres encore, croient en un dieu unique (ce qui
fait d’eux les fidèles d’une religion monothéiste), les anciens, eux,
croyaient au pouvoir des esprits, et
ce à l’intérieur d’une religion qui était à cette époque animiste et
chamanique. Et plus tard, quand ces mêmes esprits (qui représentent alors l’âme des humains
décédés) viendront s’agréger aux constellations qui circulent dans le cosmos,
les hommes qui, sur terre, se font une pareille conception de la réincarnation,
adorent alors une religion sabéenne (elle-même renvoyant au culte des
astres). Manière de dire que la religion monothéiste n’a été,
dans l’histoire des hommes et de leurs religions, que la dernière étape d’un
processus qui a vu l’homme (qui est alors un contemporain de la très haute
antiquité) adorer les éléments de la nature, avant d’adorer le dieu unique. Et qu’on n’aille pas croire que les anciennes religions
adorées par nos ancêtres ne savaient pas distinguer le bien du mal. Depuis des dizaines de milliers d’années que l’homme
connaît l’existence de la divinité, il sait faire la différence entre le bien
et le mal. Mais là est la différence par rapport à la religion
adorées par les modernes : ces deux notions, dans leur religion à eux, au lieu
d’être des concepts, avaient telle ou telle forme au contenu bien défini
(laquelle était astrale dans la religion sabéenne). **** A part cela, si l’on fait le bilan du nombre d’années de
paix et de guerre vécues par l’homo sapiens depuis les débuts de l’âge du
bronze (voire même depuis le début du
néolithique ou du paléolithique) jusqu’à nos jours, on s’aperçoit que l’homme
antique, tout dépravé, ou sous-développé, ou corrompu qu’il était (du moins
est-ce là l’opinion en cours parmi les modernes), cet homme-là a vécu bien
plus longtemps dans la paix, avec ses semblables, que l’homme moderne. Quand donc ces mêmes Modernes, sous le nom de Chrétiens,
se réclament d’un dieu bon et juste à
travers l’Eternel ou à travers son fils qu’est Jésus-Christ, ils n’ont pas
compris que l’âge d’or de l’humanité, en termes de paix, au lieu de se situer
devant eux, se situe derrière eux. Ce qui est devant, c’est l’Apocalypse,
chose qui affectera même ceux qui prétendent détenir aujourd’hui la vérité
révélée. En effet, si Dieu est parfait, les hommes, eux, ne le
sont pas, y compris et surtout lorsqu’ils prétendent, au nom de cette Eglise
qui est la leur et qu’ils défendent bec et ongle, connaître Dieu et enseigner Sa parole à travers le
monde. **** Pour l’heure la question n’est pas là. Elle est de
constater que le monothéisme représente, dans l’histoire des hommes, le
dernier stade (qui est ici son stade suprême) de la religion. Et c’est en cela que les historiens ou les hommes de
science se distinguent des créationnistes : les premiers savent, pour avoir
étudié l’humanité depuis ses origines, que la religion première des hommes
étaient animiste, une religion qui deviendra atmosphérique lorsque le grand
dieu est le dieu de l’orage, et sabéenne lorsque les dieux héros sont des
planètes ou des constellations (elles-mêmes obéissant à un Elohim ou à un
Yahvé Sabaoth qui est non seulement le Maître de l’armée des astres, mais également le dieu
du Temps et du Zodiaque). Et c’est précisément contre cette religion-là, sabéenne,
que les Pères de l’Eglise ont lutté de toutes leurs forces pour imposer une
religion qui, bien qu’elle soit monothéiste, repose sur une trinité (Père,
Fils, Saint Esprit) qui a ses origines dans l’ancienne religion païenne. Ceci dit, il ne faut pas confondre le dieu unique en
tant qu’il est le maître d’une religion monothéiste qui vint finalement à
l’existence assez tard dans l’histoire de l’humanité, avec ce même dieu qui,
parce qu’il s’adresse au peuple élu, a fait croire aux descendants des dits
élus, qu’ils furent le premier peuple divin sur terre. C’est là une erreur d’appréciation que ne commettent que
ceux qui sont obnubilés par la question religieuse. |
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